Sous le leadership du Ministère de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche scientifique dirigé par Madame Djami Diallo, la Cité des
Sciences et de l'Innovation de Guinée (CSIG) poursuit les travaux
DounIA–Blueprint, en collaboration avec le Ministère de la Communication, de
l'Économie numérique et de l’Innovation,
et avec l'appui technique du Bureau des Nations unies pour les technologies
numériques et émergentes (UN ODET).
À travers ces travaux, les institutions publiques, le
secteur privé, le monde académique et la société civile s'attèlent à définir
une feuille de route adaptée aux priorités nationales et à la vision Simandou
2040.
La transformation numérique et le développement de
l'intelligence artificielle imposent aux États de renforcer leurs capacités,
d'encadrer les usages et d'anticiper les risques liés à ces technologies. Pour
la Guinée, l'élaboration d'une stratégie nationale d'IA constitue un enjeu
majeur de gouvernance, d'innovation et de développement.
C'est dans ce contexte que la CSIG, en partenariat avec la
Direction nationale de l'Économie numérique, poursuit les travaux consacrés à
la gouvernance des données et de l'intelligence artificielle..
Au cours de deux (2) journées d'ateliers, les représentants
des ministères sectoriels, du secteur privé, du monde académique et de la
société civile se sont réunis afin de mettre en cohérence les initiatives
existantes et de mieux définir les priorités nationales. Les travaux ont
notamment porté sur l'identification des cas d'usage de l'intelligence
artificielle dans les secteurs stratégiques, et ont permis de recueillir les
contributions des différentes parties prenantes et de renforcer le dialogue
entre institutions, chercheurs, entreprises et acteurs de l'innovation.
Pour Issa Traoré, analyste-programmeur à la Direction de
l'Informatique et des Statistiques de la Direction générale des Douanes, la
maîtrise de l'intelligence artificielle est devenue indispensable. «
L'intelligence artificielle est une étape cruciale. L'idée est d'apprendre et de
comprendre l'IA pour en limiter les risques, car c'est un outil puissant qui
peut aussi présenter des dangers s'il n'est pas contrôlé. Cette préoccupation
est désormais partagée par l'ensemble des structures », explique-t-il. Une
approche qui traduit la volonté de construire une politique publique fondée à
la fois sur l'innovation, la responsabilité et la protection de l'intérêt
général.
L'un des principaux axes de la rencontre concerne
l'exploitation du Blueprint élaboré sous l'égide des Nations unies, une
méthodologie destinée à accompagner les pays dans la conception et la mise en
œuvre de leur stratégie nationale d'intelligence artificielle. Selon Rafik
MAHJOUBI, Consultant international auprès de l'équipe du Sous-Secrétaire
général des Nations unies pour la digitalisation, le Blueprint permet de relier
la recherche, la formation, l'innovation et le développement économique. « Ce
Blueprint est un cadrage stratégique basé sur une méthodologie internationale.
Il permet aux pays en développement de concevoir une stratégie IA solide,
associant la recherche, la formation et le développement économique au bénéfice
direct de la société », indique-t-il. La Guinée fait partie, avec le Lesotho,
des pays pilotes engagés dans la mise en œuvre de ce cadre opérationnel. La
feuille de route devrait également être présentée lors du UN Digital Day à New
York.
Les travaux DounIA–Blueprint se poursuivent ce mardi 15
septembre à la Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée, consacrés à
l'approfondissement des cas d'usage prioritaires, à la collecte d'informations
auprès des parties prenantes et à l'examen des synergies entre les deux
démarches. DounIA fournit une base nationale fondée sur les consultations, les
expertises et les réalités guinéennes ; le Blueprint apporte un cadre
méthodologique international. Leur mise en cohérence doit permettre de bâtir
une stratégie à la fois adaptée au contexte national et alignée sur les
meilleures pratiques internationales. Le Comité scientifique de DounIA
participe activement à ces échanges aux côtés des institutions partenaires, une
mobilisation qui doit contribuer à renforcer la qualité des recommandations et
à garantir une meilleure prise en compte des besoins du pays.
La réussite de cette stratégie dépendra aussi de la capacité
de la Guinée à développer son capital humain et à soutenir son écosystème
scientifique et entrepreneurial. Sous l'impulsion du docteur Djibril Kaba, la
Cité des Sciences développe des programmes de renforcement des capacités
destinés à rapprocher la recherche universitaire, les startups et les
entreprises locales, afin de favoriser la création de solutions adaptées aux
besoins du pays.
Mme Bany BAH, en charge du développement des compétences et
des programmes scientifiques à la CSIG, rappelle que la Guinée dispose déjà
d'experts capables de contribuer à des projets de dimension internationale.
L'enjeu consiste désormais à mettre en place des mécanismes durables pour
organiser, renforcer et valoriser ces compétences formation, recherche,
infrastructures numériques et accompagnement des porteurs de projets devant
occuper une place centrale dans la future stratégie nationale.
Cette stratégie s'inscrit dans la vision Simandou 2040, qui
vise à renforcer les capacités nationales, valoriser l'expérience guinéenne et
soutenir une croissance fondée sur l'innovation et la connaissance. Dans cette
perspective, l'intelligence artificielle est envisagée comme un outil au
service de secteurs essentiels tels que l'agriculture, la santé,
l'environnement, l'éducation, les transports et l'administration publique.
Pour le professeur Abdoulaye Baniré DIALLO, coordonnateur
général de la CSIG, les travaux engagés constituent le début d'un processus de
suivi et de consolidation. Les prochaines étapes devront permettre de finaliser
le cadre stratégique et de le soumettre à l'examen des autorités compétentes.
À travers les travaux DounIA–Blueprint, la Guinée affirme sa
volonté de participer activement à la gouvernance mondiale de l'intelligence
artificielle. La prochaine phase consistera à préciser les cas d'usage
prioritaires, à définir les capacités nécessaires et à poursuivre la rédaction
d'une stratégie nationale conçue pour répondre aux réalités du pays et aux
enjeux du continent africain.