Objectif : faire de la donnée, de la recherche appliquée et de l’analyse scientifique le socle des décisions publiques dans un pays en quête de transformation durable.
Une ambition : penser le développement avec ses propres outils
Le message est clair : la Guinée doit reprendre le contrôle de sa capacité d’analyse.
« La Guinée doit pouvoir penser son développement avec ses propres outils, ses propres données, ses propres capacités d’analyse et ses propres experts », a insisté le Pr Baniré.
À travers le CEEPP, la CSIG entend poser les bases d’un instrument stratégique au service de la « souveraineté analytique nationale ». Cette approche vise à rompre avec une dépendance excessive aux expertises extérieures et à ancrer les politiques publiques dans des réalités locales objectivées.
Le CEEPP, un outil d’aide à la décision
Au-delà de l’annonce, c’est la vocation opérationnelle du Centre qui est mise en avant.
« Ce centre d’expertise doit devenir un espace de référence, un laboratoire d’idées, un instrument d’aide à la décision », a-t-il précisé.
L’ambition est de bâtir une structure « ouverte, exigeante, crédible et utile », capable de produire des analyses sur les enjeux macroéconomiques critiques.
Le recours aux technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, est également présenté comme un levier pour affiner les politiques publiques.
Passer de l’intuition à la donnée
Le cœur du plaidoyer repose sur un basculement méthodologique.
« L’intuition seule ne suffit plus », tranche le Coordinateur général.
Selon lui, l’expérience institutionnelle doit désormais s’appuyer sur « la donnée fiable, la recherche rigoureuse, la modélisation prédictive et l’analyse économique solide ».
« Nous passons d’une logique de réaction à une culture d’anticipation fondée sur la science », a-t-il martelé à plusieurs reprises.
Anticiper les défis d’une économie en mutation
Dans un contexte de transition économique, le CEEPP se veut un outil d’anticipation.
« Comment transformer les ressources naturelles en capacités productives durables ? Comment préparer l’après-ressources ? »
Autant de questions structurantes que le Centre devra adresser. L’objectif affiché est aussi de mieux absorber les chocs économiques futurs, en s’appuyant sur des analyses prospectives solides.
Un espace de dialogue entre acteurs clés
Le projet repose sur une dynamique partenariale élargie. Le Pr Diallo insiste sur la nécessité de rapprocher les sphères publique, privée et académique.
« Ce Centre doit devenir un espace de dialogue vivant : entre l’État et la recherche, entre les économistes et les décideurs publics, entre le monde académique et le secteur privé ».
Une condition jugée essentielle pour produire des politiques cohérentes et applicables.
De la recherche à l’impact concret
L’ambition dépasse le cadre académique.
« Le centre n’a pas vocation à être un simple espace académique », a-t-il averti.
Il s’agit plutôt de « faire sortir la recherche des amphithéâtres » pour l’inscrire dans l’action publique.
Le succès du CEEPP, souligne-t-il, ne se mesurera pas à son lancement, mais « aux analyses produites, aux décisions éclairées et aux politiques publiques mieux conçues ».
Un tournant pour la gouvernance publique
En filigrane, c’est une nouvelle culture de gouvernance qui se dessine.
« La Guinée ne peut plus se permettre de décider sans science, sans données, sans expertise », a insisté le Coordinateur général.
Dans un pays engagé dans des programmes structurants, cette orientation pourrait marquer un tournant. « L’élément fondamental derrière tout cela, c’est la donnée », résume-t-il, comme une ligne directrice pour les années à venir.