La Cité des Sciences et de l'Innovation de Guinée a abrité, ce mercredi 1er juillet 2026, la deuxième session de la Table Ronde « DounIA », consacrée aux infrastructures, aux transports et aux technologies numériques. Ce rendez-vous stratégique a permis de dresser un état des lieux de la transition numérique de l'administration guinéenne, marquée par une progression de 50 % depuis 2021, tout en identifiant les leviers indispensables pour pérenniser ces acquis.
L’ouverture des travaux a mis en lumière les avancées concrètes de l’État guinéen dans sa trajectoire de modernisation. Depuis 2021, les efforts transversaux de numérisation ont permis d'enregistrer une progression de 50 % dans la digitalisation des services étatiques. Parmi les indicateurs de cette transformation, la généralisation des outils de communication professionnels a été saluée : chaque service de l’administration dispose désormais d'une adresse électronique institutionnelle dédiée, fluidifiant ainsi les échanges interservices et la relation avec les usagers.
L'un des objectifs majeurs de cette session résidait dans l'analyse de la gouvernance des données et la cartographie des initiatives existantes. Plusieurs projets sectoriels d'envergure ont fait l'objet d'une évaluation. Dans le secteur éducatif, le déploiement de la carte scolaire dans le préscolaire et l'intégration progressive de solutions numériques dans l’enseignement supérieur témoignent d'une volonté de structurer les données sectorielles pour un meilleur pilotage public. En matière de gouvernance des données, l'initiative AILA, lancée en 2025 par le gouvernement guinéen avec le soutien financier du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a été présentée comme un pilier central pour la collecte, la structuration et la cartographie des données nationales afin d'orienter plus efficacement les politiques publiques de développement. Parallèlement, le programme DounIA 1 continue de s'affirmer comme un catalyseur des dynamiques d'innovation technologique au sein des services publics.
Malgré une trajectoire ascendante, les participants à la table ronde ont unanimement identifié deux défis structurels majeurs qui conditionnent la pleine efficacité de la transformation numérique en Guinée. Le premier concerne l’infrastructure de connectivité et le réseau Intranet. Si le déploiement du réseau Internet haut débit progresse, le développement d'un réseau Intranet souverain demeure une priorité. Bien que plus onéreux à déployer, l'Intranet garantit la continuité du service public et la sécurisation de la collecte des données, même en cas de rupture de la connectivité globale. Pour y répondre, l'arrivée prochaine d'un second câble sous-marin en Guinée a été annoncée, ce qui permettra de renforcer substantiellement le débit national et de sécuriser la boucle de fibre optique.
Le second défi réside dans l’autonomie énergétique des infrastructures. Le succès de la transition numérique reste intrinsèquement lié à la stabilité électrique. Qu'il s'agisse de la maintenance des capteurs, de l'exploitation des données satellitaires ou de la viabilité des futurs Data Centers nationaux, l'autonomie énergétique s'impose comme le prérequis indispensable à la souveraineté numérique du pays.
Cette deuxième session de la Table Ronde DounIA confirme la
trajectoire de la Guinée vers une administration moderne et connectée. Si les
fondations technologiques et sectorielles sont désormais posées, la viabilité
du modèle dépendra de la résolution des défis liés à l'énergie et à la
redondance des infrastructures de télécommunication. Les orientations
concrètes, les recommandations de politiques publiques et les prochaines étapes
de mise en œuvre opérationnelle feront l'objet des débats des sessions à venir.