Ce mercredi 8 juillet 2026, la Cité des
Sciences et de l’Innovation de Guinée (CSIG) a accueilli, en format hybride, la troisième session de la Table Ronde DounIA² dédiée à
l'Éducation, la Culture, la Recherche et l'Innovation. Réunissant experts,
chercheurs et décideurs sectoriels, cette rencontre stratégique marque un
tournant décisif dans l’identification des défis technologiques et la
formulation de solutions pour la future Stratégie Nationale sur les Données
Numériques et l'Intelligence Artificielle.
Le
programme national DounIA² est entré dans sa phase active, s'imposant comme le
moteur de l'intégration de l'intelligence artificielle (IA) en République de
Guinée. Cette troisième session a franchi un cap méthodologique majeur en
séance plénière en croisant les cartographies des initiatives, des données et
des acteurs du secteur, confrontant ainsi les ambitions globales avec les
réalités du terrain.
L’intégration du numérique et de l’IA fait
cependant face à des barrières structurelles nettes : une fracture territoriale
concentrant la connectivité à Conakry, un déficit de compétences numériques
chez une partie des enseignants, des bases de données publiques et privées
cloisonnées, et un vide juridique sur la protection éthique des données
scolaires des mineurs.
Face à ces constats, la table ronde a acté le
lancement immédiat d'enquêtes de terrain auprès des enseignants, chercheurs,
innovateurs et administrateurs. Ces investigations qualitatives et
quantitatives permettront d'affiner les priorités et de garantir que les
futures recommandations stratégiques répondent fidèlement aux besoins
opérationnels des utilisateurs.
Loin de se limiter à un inventaire des
carences, le programme DounIA² a isolé les chantiers critiques à court terme.
Les experts ouvrent la voie à des innovations adaptées au contexte local,
telles que le développement d'architectures d'IA asynchrones et de modes «
hors-ligne » pour rationaliser les coûts de bande passante, ou des interfaces
d'IA d'appui (reconnaissance vocale) pour assister les enseignants. Les grands
instituts de formation (ISSEG, ISFAD) et les centres de recherche nationaux
sont désormais en première ligne pour porter ces transformations majeures.